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lundi 5 mai 2014

Une journée dans la peau d'un hôtelier ... 3ème partie

Le repas se déroule sans accrocs : salle montée à temps, préparation des assiettes vite et bien, service parfait. Les clients sont de bonne humeur durant tout le repas, c’est le plus important. 

Au moment de remonter dans mon bureau, les jambes lourdes, je me répète une nouvelle fois qu’il faudrait que je me remette à la course à pieds. La cuisine est un sport ! Pourquoi pas d’ailleurs une épreuve de cuisine aux Jeux Olympiques ? 

Il est 14h00 et je commence ma deuxième journée. J’adopte ma technique de survie dans le monde de l’hôtellerie : profitant de quelques minutes d’accalmie, je mets mes pieds sur mon bureau pour reposer mes jambes. L’accumulation de liquide lymphatique disparait progressivement dans une agréable sensation de flottement. Dix minutes plus tard, la douleur sourde est partie et mes jambes reprennent, légères, leur place sous mon bureau. Je demande alors comment font les chefs qui restent debout dix à douze heures par jour, quand dans mon esprit divagant une question d’une importance capitale éclate : A quel âge les chefs portent des bas de contention ?

D’un geste pavlovien, ma main s'allonge sur la souris qui attend tranquillement à droite de mon ordinateur et lui commande d’ouvrir mon courrier électronique. J’ai 86 nouveaux e-mails à trier. Heureusement que j’ai un anti-spam efficace. Comptes rendus de la réception, newsletters de la chaîne, demandes d’emploi, promotions de mes fournisseurs habituels … maintenant il ne me reste plus que cinq demandes de réservation de groupes ou de séminaires et une demande de statistiques mensuelles de la part d’un de nos partenaires.

La deuxième étape pavlovienne est de me connecter au logiciel de gestion et de regarder le prix moyen réalisé et le taux d’occupation de la veille. Nous sommes dans les clous, et le séminaire de la journée va nettement améliorer notre chiffre d’affaire.

Mon estomac se rappelant bruyamment à moi, je me rends compte qu’il s’est déjà passé une demi-heure. Il est temps de nourrir la machine, car comme le dit le vieil adage  « qui veut aller loin ménage sa monture », et dans l’hôtellerie on sait quand la journée commence mais on peut jamais savoir précisément quand elle va se terminer.